Votre humble serviteur, en tant que fondateur du projet DoudouLinux, a été interviewé par Riccardo, l'auteur du blog italien Linuxaria. Il m'a posé de nombreuses questions sur l'origine du projet, le retour des utilisateurs, des parents, les motivations, les différences par rapports à d'autre projets orientés enfants, etc. Il a publié une version en italien bien sûr, mais aussi une version en anglais :
L'interview a été réalisée en anglais puisque je ne parle pas (pas encore ?) italien. Je vous propose pour ce qui suit une version française, il en faut pour tout le monde !
Ceux qui suivent l'actualité Linux le savent depuis un mois : le projet DoudouLinux a été officiellement présenté à la communauté Linux francophone dans un article de début septembre sur LinuxFr. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, DoudouLinux c'est un système pour ordinateur dédié aux enfants à partir de 2 ans dont l'objectif est d'être aussi facile à utiliser qu'une console de jeu. Il faut donc qu'il se présente dès le lancement dans la langue de l'utilisateur, d'où les 6 langues actuelles du site.
Ça fait un certain temps qu'il ne se passe pas grand chose sur ce blog mais ce n'est pas parce que je n'ai plus rien à dire, au contraire… La raison est que je travaille depuis le début de l'année à lancer le projet DoudouLinux, un CDROM pour les (petits) enfants aussi facile à utiliser qu'une console de jeu - du moins c'est l'objectif. Ceux qui fréquentent ce blog savent qu'on s'y intéresse entre autre à l'adaptation de l'ordinateur aux enfants[1] (et non l'inverse ). Le premier paragraphe de la page d'accueil du site DoudouLinux encore en construction nous dit :
« DoudouLinux est un système conçu pour les enfants afin de leur rendre l’utilisation de l’ordinateur la plus simple et la plus agréable possible (et pourquoi pas leurs parents aussi !). En plus de fournir des dizaines d’applications qui conviennent dès l’âge de 2 ans, DoudouLinux cherche à leur présenter un environnement aussi facile à utiliser qu’une console de jeu. Ils peuvent ainsi facilement apprendre en s’amusant et… sans la surveillance de Papa et Maman ! »
Le projet n'est pas encore officiellement lancé pour cause de site web encore trop en friche, mais on peut d'ores et déjà y télécharger des images ISO de CDROM en 4 langues (Français, Espagnol, Anglais, Arabe). Des versions clef USB existent aussi. Pour l'heure, expliquons un peu les motivations de ce projet.
Si vous êtes amenés à télécharger plusieurs fois les mêmes paquets logiciels, la laison ADSL, malgré son méga-octet à la seconde de débit peut se révéler être un des goulots d'étranglement du processus. C'est le cas lorsqu'il faut mettre à jour un parc de machines ou encore si vous bricolez des liveCD ou des clefs USB live. Sous Linux Debian et dérivés il existe plusieurs solutions à ce problème dont au moins une très simple à mettre en œuvre : apt-cacher. Le principe est qu'au lieu de vous adresser aux dépôts de paquets sur Internet, vous vous adressez à apt-cacher et c'est lui qui ira les chercher sur Internet au besoin, c'est-à-dire s'il ne les a pas déjà sur son disque dans la version la plus récente. Grâce à lui je gagne 10 minutes lors de la création d'un liveCD !
Nous avons vu dans le billet Mesurer le temps d'utilisation quotidien ou hebdomadaire de l'ordinateur que les journaux du système contiennent toutes les informations de connexion et déconnexion des utilisateurs. C'est bien pour constater, mais vous aurez peut-être aussi besoin de limiter le temps d'utilisation de l'ordinateur ou que certains utilisateurs ne puissent pas se connecter à certaines heures. Il existe pour cela d'une part un module du système d'authentification de Linux PAM, pam_time, qui peut limiter les heures où l'authentification est autorisée, et d'autre part un petit logiciel nommé timeoutd qui est capable de déconnecter un utilisateur à partir d'une certaine heure ou d'une certaine durée d'utilisation quotidienne.
Par JM,
samedi 19 décembre 2009 à 22:33 ::Graphisme
Que les graphistes sous Linux à recherche de polices de caractères plus originales que bistream ou libertine se rassurent tout de suite : un Linux Debian incorpore en standard un très grand nombre de polices vectorielles. Ces polices peuvent être utilisées dans les applications de dessin vectoriel comme Inkscape et de publication assistée par ordinateur (PAO) comme Scribus. On peut aussi les visualiser avec un prévisualiseur de polices comme Specimen. Décidément on n'a plus d'excuses pour écarter la plate-forme Linux dans les activités artistiques comme le montre la gallerie d'illustrations SVG d'Inkscape…
RAID est un outil de sécurisation des disques durs basé sur la redondance qui permet d'éviter qu'une défaillance de disque ne perturbe le fonctionnement de la machine ou ne cause des pertes de données. Utilisé habituellement sur des serveurs, c'est une solution intéressante et financièrement accessible aussi pour les particuliers puisqu'elle nous permet de mieux sécuriser nos données importantes sans effort (photos, vidéos, documents, etc.). LVM est quant à lui un outil d'abstraction des disques qui permet d'agrandir ou rétrécir le volume alloué à vos partitions, indépendamment du nombre réel de partitions ou de disques mais aussi de leur agencement. C'est pratique quand on arrive à cours de place : on évite le repartitionnement ou le transfert sur un nouveau disque puisqu'il suffit de brancher le nouveau disque et de le déclarer. Mais LVM peut aussi vous aider à sauvegarder une image de votre système sans outil spécifique via un système de photographie de vos partitions, les snapshots.
Bien qu'il existe évidemment des logiciels clients pour chaque service réseau existant, il peut être intéressant de faire apparaître un service comme un répertoire dans votre système de fichiers, par exemple un répertoire FTP, WebDAV ou SSH. Ceci permet de travailler avec des outils traditionnels des systèmes de fichiers qui ne sont pas standard dans les logiciels clients : comparaison de fichiers, de répertoires, analyse de l'occupation de l'espace disque, écriture de scripts de sauvegarde, etc. Et la panoplie de services accessibles de cette manière est assez grande : on l'a dit FTP, WebDAV, SSH, mais aussi pages d'un wiki MediaWiki, photos sur Flickr, ou encore boîte Gmail pour sauvegarder vos données[1]. C'est Fuse qui donne cette fonctionnalité en standard à Linux et nous allons voir plusieurs façons de l'utiliser manuellement, automatiquement ou à la demande.
Notes
[1] voir la longue liste sur le Wiki Fuse si vous voulez d'autres exemples
Et 72% des réseaux d'entreprises de plusieurs centaines ou milliers de PC avec antivirus à jour (et fonctionnel !) quand même infectés ! C'est le résultat d'une étude assez ancienne menée en 2007 par l'éditeur de solutions - ou plutôt d'outils - de sécurité informatique Panda Security. Beaucoup plus récemment, une autre étude, émanant cette fois de Trend Micro, montre que les machines infectées restent compromises en moyenne… 300 jours !!! Et que 80% des machines compromises le sont au moins un mois. Bien sûr tous ces chiffres sous-estiment la réalité ! Vous savez bien ce qu'on dit des antivirus sur ce blog :
Marre de recevoir de vos collègues 50 emails de 3 mots par jour ? Vous rêvez d'une messagerie instantanée Intranet mais vous vous refusez à ajouter (encore) un serveur ? Ou simplement vous avez envie d'initier des (vos) enfants à la messagerie instantanée sans avoir à ouvrir de compte sur Internet ? Avec Empathy, c'est possible grâce au greffon salut. Certains se souviennent peut-être qu'on pouvait auparavant envoyer un message entre ordinateurs Windows du réseau local. Et bien l'héritier de cette fonction abandonnée permet de joindre des utilisateurs (et non plus des machines) comme dans une messagerie instantanée. On voit à tout moment qui est connecté, disponible, occupé ou absent, et l'interface utilisateur est celle de la messagerie instantanée ! Qui a dit que le logiciel libre n'innovait pas ?
Pour faciliter la découverte de nouveaux logiciels ou de nouvelles possibilités de vos logiciels, les systèmes Debian et dérivés fournissent la possibilité d'associer à chacun d'eux une liste de paquets recommandés et une autre de paquets suggérés. La configuration par défaut sous Debian est d'installer les paquets recommandés mais pas les paquets suggérés, ce qui constitue un compromis entre étendue des fonctionnalités et encombrement potentiellement inutile du système, surtout sur les ordinateurs munis de peu d'espace disque. Si ceci ne vous convient pas, vous avez évidemment la possibilité de changer temporairement ou définitivement ce comportement, c'est l'objet de ce billet. La motivation pour ma part est de contrôler totalement ce qui est installé pour prendre le moins de ressources possibles, quitte à lire la documentation des paquets par la suite en cas de problème !
Certains promoteurs du logiciel libre comme François Elie avancent sans sourciller que le futur du logiciel c'est le logiciel libre[1]. Alors que l'industrie audio-visuelle se débat vainement pour préserver son modèle économique basé sur la rémunération de la copie[2], que les quotidiens sous forme papier ont entamé difficilement[3] leur lente mais inexorable mue vers le numérique essentiellement gratuit, l'avenir de toute création purement intellectuelle qui se prête au numérique ne serait-il pas de nos jours de s'échanger instantanément sur Internet et donc gratuitement ou presque ? N'oublions pas en effet le proverbe chinois[4] qui explique pleinement la révolution numérique en cours :
« Si nous avons chacun un objet et que nous les échangeons, nous avons chacun un objet. Si nous avons chacun une idée et que nous les échangeons, nous avons chacun deux idées. »
Internet ne permet pas d'échanger d'objets facilement, par contre il permet d'échanger les idées et plus généralement toute information presqu'instantanément. Et ce sans coût supplémentaire à celui de connexion, c'est une aubaine pour chacun d'entre nous ! Vu sous cet angle, comment alors le logiciel pourrait-il échapper à son destin d'être numérique ?
Notes
[1] arguant que les mathématiques n'étaient pas libres sous Pythagore qui gardait tout secret, le logiciel en tant que connaissance technique et scientifique devrait suivre le même chemin
[2] puisque chaque copie sous forme CD, DVD, MP3, etc., est payante
[4] veuillez noter que je n'ai pour le moment trouvé aucune preuve d'existence réelle de ce proverbe, néanmoins son contenu est tellement vrai que ce détail n'a aucune importance !
Bien souvent quand on veut expliquer le Logiciel Libre on se lance dans une explication technique sur le code source qui est soit ouvert soit fermé selon les termes de la licence du logiciel… Pas très parlant pour M. Tout Le Monde, on peut même dire que la grande majorité des gens s'en fichent presque à coup sûr ! Alors pourquoi ne pas plutôt tenter une explication de texte basée sur la volonté des auteurs de logiciels fermés : garder le contrôle des applications et même de vos données, jusque chez vous… Exemples parlants à l'appui, ça pourrait se révéler plus accrocheur.
Certes le chiffre est un peu exagéré dans le titre : le décompte exact est de 1 953 448 machines pour un seul botnet. Pour ceux qui ne savent pas encore, un botnet est un réseau de machines piratées, contrôlé par une seule personne ou un seul groupe de personnes[1]. Jusqu'à l'année dernière on parlait de plusieurs dizaines de milliers de machines par botnet, tout au plus 200 ou 300 mille[2], c'était déjà beaucoup. Le chiffre fraîchement révélé par Finjan, une société fournissant des solutions professionnelles d'accès sécurisé à Internet, explose le record ! Essayons d'en savoir plus…
Notes
[1] ce mot vient de la contraction de robot et network - réseau en anglais
Ceux d'entre vous qui sont parents se sont forcément demandé à un moment ou un autre combien de temps leurs chers petits chérubins passent sur l'ordinateur. Cette information peut aussi être intéressante dans le cas de machines en libre service, si vous avez besoin de contrôler l'utilisation faite par chaque personne. Dans Linux, une méthode pour cela consiste à récupérer dans les journaux du système, les logs, les informations d'ouverture et de fermeture de session pour calculer ensuite les durées d'utilisation - automatiquement bien sûr. Ceci suppose aussi que l'utilisateur éteint normalement sa machine et non en débranchant sauvagement la prise de courant, auquel cas le système ne peut évidemment plus enregistrer la fermeture de la session !
…ou tout autre PC en iTux, TuxMini, TuxPro, etc., avec Avant Window Navigator ou Cairo Dock. Il s'agit de deux barres de bureau Linux[1] qui s'inspirent fortement de celle de Mac OS X[2]. Alliée à l'excellentissime Compiz pour les effets 3D du bureau, vous obtiendrez alors un bureau dernier cri rivalisant sans conteste avec celui d'Apple. Sauf que votre machine ne vous aura pas ruiné et que vous aurez à portée de main bien plus de logiciels fournis en standard et entièrement gérés par le système[3], certes pas forcément avec la même finition[4].
Avant Window Navigator et Compiz sur un EeePC standard (Celeron cadencé à 600 MHz et 500 Mo de RAM[5]) : CQFD !
[2] signalons tout de suite qu'il n'y a aucun mal à s'inspirer des idées des autres, Mac OS X reprenant pour sa part avec Time Machine et Spaces des fonctionnalités d'Unix qui datent d'au moins 15 à 20 ans, le dock OS X serait lui aussi une idée remise au goût du jour…
Les applications dédiées à la Musique Assistée par Ordinateur (MAO) sont assez nombreuses dans Linux[1], et notamment dans Debian. Cependant dans un Linux standard, taillé pour des applications qui n'ont pas besoin d'être synchrones, ces applications peuvent ne pas fonctionner de façon satisfaisante car leur flux audio est interrompu par des tâches annexes du système. Pour résoudre ce problème, il faut d'une part donner une priorité plus élevée aux applications audio et d'autre part activer un mode particulier du noyau Linux : le temps réel. Le hic c'est qu'il n'y a pas de tel noyau dans Debian contrairement à d'autres distributions…
Notes
[1] consulter par exemple le menu de gauche du site LinuxMAO
On vous l'avait bien dit sur ce blog il y a maintenant environ 2 ans. Certes le titre était un peu provocateur et certains auront probablement pensé - à tord - que ce qui était expliqué n'était que de la théorie ou du blabla pour faire peur. Une experte en logiciels malveillants nous racontait en effet que les solutions antivirus actuelles sont inutiles car faciles à contourner. Mais voilà que le très respectable secunia.com publie en octobre dernier une étude d'efficacité des suites de sécurité Internet visant à déterminer leur capacité à détecter des attaques inconnues. À environ 2300 nouveauxlogiciels malveillantspar jour[1], il vaudrait mieux qu'elles en soient capables. Cependant les résultats sont, comme on aurait dû s'y attendre, déplorables : le « meilleur » en laisse passer presque 80% et le second… environ 98% ! Conclusion ? Allez, quelques pistes pour vous faire votre propre opinion…
Ça fait un certain temps que les principaux Linux[1] démarrent spontanément avec un bel écran graphique affichant l'avancement du démarrage à la place des messages du système, sauf… Debian. Pourtant, si c'est le seul point qui vous détourne de Debian, sachez que de nos jours mettre un démarrage graphique sur Debian Lenny, c'est presque enfantin avec splashy, il y en a pour 5 minutes !
Notes
[1] Fedora, Mandriva, RedHat, SuSE, Ubuntu par exemple
Le pavé tactile, si courant sur les ordinateurs portables, ne fait habituellement pas l'objet d'une attention particulière hormis pour les cas où il ne fonctionnerait pas ou pas bien. Pourtant dans les Linux modernes les possibilités de ce pavé tactile sont intéressantes, y compris lorsque votre ordinateur, auparavant sous Windows®[1], ne permettait pas de faire autre chose que déplacer le pointeur et cliquer. Sous Linux vous découvrirez peut-être qu'il peut aussi faire défiler la vue verticalement ou horizontalement (scrolling en anglais) ou encore activer le bouton central ou droit de la souris, et ce sans logiciel tiers comme toujours…
Défilement vertical, horizontal et circulaire, clics de souris et tirer/déplacer
Notes
[1] puisque la grande majorité des ordinateurs portables en France ne peuvent malheureusement être achetés sans acheter Windows® avec, pour un prix inconnu et sans pouvoir le refuser…
JACK est un serveur de son temps réel pour Linux[1] qui permet de connecter des applications audio à la carte son en minimisant le risque de rupture du flux audio et en réduisant le plus possible la latence[2]. Pour faire fonctionner ce serveur dans les conditions optimales sous Linux, il faut activer la priorité temps réel dans le noyau, ce que le Realtime Linux Security Module permet.