Dernière mise à jour : 20/02/2007

L'objectif initial des DRM est certes louable : empêcher ou plutôt limiter le piratage des œuvres artistiques et, d'une manière plus générale, numériques ou numérisées. Néanmoins, pour en apprécier rapidement les conséquences pour l'utilisateur final, il est intéressant de consulter les déboires de Jérôme Colombain, journaliste et chroniqueur high-tech :

Dans le même ordre d'idées, Philippe Astor, chroniqueur sur ZDnet, écrit DRM de merde ! : il n'a jamais eu un tel problème avec l'informatique !

Ce que l'on en retient est que la protection des droits d'auteur façon DRM consiste à compliquer énormément la vie de l'utilisateur, notamment en lui ôtant de nombreux droits - mais pour un prix de l'œuvre équivalent. Quand on achetait un CD auparavant, on pouvait l'écouter sur n'importe quel lecteur. Grâce aux DRM, la musique achetée en ligne ne peut s'écouter que... sur la machine où elle a été téléchargée et... dans la mesure où la machine n'a pas été modifiée ! Certains morceaux ne peuvent même s'écouter que sur un seul type de baladeur (iPod par exemple[1]). C'est ce qui rend les DRM défectueux par conception : l'objectif est d'introduire des dysfonctionnements du système.

En corollaire, l'article Gestion numérique des droits sur Wikipedia le souligne à juste titre, cela rend les œuvres limitées dans le temps et donc nuit à leur perennité. Exactement comme la pérennité des données informatiques est souvent trop liée à un logiciel particulier, dans une version spécifique et sur un système spécifique pour des raisons essentiellement mercantiles[2], la consultation d'un livre numérique dans 10 ans relèvera de la capacité de son propriétaire à remettre en place la plateforme à laquelle il était dévoué au moment de sa sortie. Heureusement que les Anciens n'avaient pas de DRM... Et attention parce que les DRM s'immicent partout, y compris dans les télévisions.

Est-ce bien là le rêve des artistes ?

Épilogue

On dirait que ce n'est pas non plus le rêve des consommateurs. Ainsi, au lieu de faire remonter les ventes de CD, l'année 2006 a vu les ventes baisser chez EMI. Du coup :

Nombreux sont ceux commencent aussi à réaliser l'impasse dans laquelle ils se trouvent : lire L'industrie du disque s'interroge sur les DRM à l'occasion du MIDEM et l'extrait du Télérama dans le billet Le pirate, ce bouc émissaire. Comme le fait remarquer Tristan Nitot dans son billet L'étonnant parallèle entre Frankenstein et les DRM, l'horrible machination des DRM se retourneraient contre leurs géniteurs, les majors ? Souhaitons que cela dure...

Ainsi tout ceci amène inévitablement à se poser la question : quel est réellement l'objectif des DRM ? En reviendrait-on au problème de L'informatique de confiance ?