Commençons par quelques explications préliminaires. Lorsque l'ordinateur affiche des caractères à l'écran, il utilise des polices de caractères qui lui permettent de savoir pour chaque caractère quels pixels remplir en fonction de la taille de caractère. Il existe deux façons de décrire les caractères : soit en donnant directement les pixels à remplir, soit en décrivant mathématiquement la forme de chaque caractère. Cette deuxième formulation, qui correspond aux polices vectorielles, nécessite de recalculer les pixels à remplir mais permet d'ajuster parfaitement le rendu du caractère quelle que soit la taille requise, notamment lorsque le lissage des polices est activé.

Dans les logiciels de dessin vectoriel et de PAO, il est donc recommandé de n'utiliser que des polices vectorielles appelées polices True Type par les anglo-saxons. Ces polices sont contenues dans des fichiers dont l'extension est habituellement *.ttf (pour true type font). Sous Linux on les place habituellement dans le répertoire /usr/share/fonts/ pour que tous les utilisateurs y accèdent. Des polices téléchargées manuellement par un utilisateur peuvent également être placées à la racine de son répertoire personnel dans le répertoire caché .fonts/.

De telles polices peuvent être trouvées par exemple sur 1001 free fonts, en faisant toutefois attention au contrat de licence d'utilisation. Néanmoins, dans un Linux comme Debian, le nombre de polices déjà disponibles en standard est assez impressionnant comme le montre cette commande permettant de compter les paquets contenant ttf- dans leur nom :

$ apt-cache search --names-only 'ttf-' | wc --lines
170

Ici la commande « apt-cache search --names-only » recherche des paquets selon leur nom, alors que la commande « wc --lines » enchaînée via le pipe « | » compte le nombre de lignes retournées par la commande précédente.

Pour s'y retrouver dans toutes ces polices, la description des paquets qu'on trouve dans les gestionnaires de paquets comme Synaptic pourra vous aider, mais ce sera souvent quand même bien peu à côté de les voir en vrai. C'est pourquoi Debian dispose d'un site dédié aux polices de caractères. La page Debian font review rassemble ainsi 275 liens vers des pages montrant les polices des paquets dont le nom est donné dans le lien. Chaque page contient des images des polices contenues dans le paquet à différentes tailles, par exemple pour la police Ecolier-court :

écolier font

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Chaque paquet peut contenir un grand nombre de polices. Sur ma machine, le répertoire /usr/share/fonts/truetype/ contient 21 sous-répertoires :

$ ls /usr/share/fonts/truetype/
adf         sjfonts              ttf-ecolier-lignes-court  ttf-linex
aenigma     StayPuft.ttf         ttf-essays                ttf-lyx
dustin      thai                 ttf-larabie-deco          ttf-sil-andika
engadget    ttf-ancient-scripts  ttf-larabie-straight      ttf-tamil-fonts
freefont    ttf-dejavu           ttf-larabie-uncommon
openoffice  ttf-ecolier-court    ttf-liberation

Je n'ai installé directement ou non que 25 paquets de polices dont le nom commence par ttf- :

$ dpkg -l 'ttf-*' | grep -E '^ii' | wc --lines
25

Dans cette commande, « dpkg -l » retourne la liste de paquets installés ou supprimés commençant par ttf-, les lignes de paquets installés commençant par ii sont ensuite filtrées par la commande « grep -E '^ii' ». Et j'ai au final 1100 fichiers de polices vectorielles :

$ find /usr/share/fonts/ -type f -name '*.ttf' | wc --lines
1100

Reste à visualiser tout ça… Il y a bien sûr différentes possibilités parmi lesquelles le logiciel Specimen offre une interface simple et efficace comme le montre la capture d'écran ci-dessous. Remarque : vous vous rendrez certainement compte au fil de l'usage que certaines polices ne conviennent pas pour les alphabets européens car certains caractères accentués ne sont pas définis. Heureusement ces polices ne sont pas si nombreuses.

specimen screenshot

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